Télémédecine : progrès ou régression ?

Télémédecine : progrès ou régression ?

Par Gérard Haas et Ambre Bernat

La crise sanitaire actuelle et les mesures de confinement ont mécaniquement développé le recours à la télémédecine. Les entretiens en téléconsultation et l’envoie électronique d’ordonnance ont permis à des millions de français de continuer à se soigner sans s’exposer ou aggraver le risque de contamination.

Pas besoin de se déplacer, plus de salles d’attente remplies de malades contagieux et plus de contact avec le médecin exposé lui-même à une multitude d’infections, la télémédecine parait cohérente et adaptée aux mesures de distanciation sociale mises en place.  

Elle est également relativement facile à mettre en œuvre et remboursée à 100% durant la crise. Il est possible de consulter toutes sortes de spécialistes mais aussi des kinés et infirmières. En somme c’est un moyen plus rapide, plus confortable, moins cher et moins risqué de consulter un médecin. Mais est-ce réellement efficace ?

Outre le facteur « humain » qui est amoindri, la téléconsultation ne permet pas de réaliser un certain nombre d’examens cliniques comme la palpation de l’abdomen, l’écoute du cœur ou des bronches ou encore la prise de tension. Ce sont pourtant des examens clés dans le diagnostic de nombreuses pathologies qui, bien que courantes, peuvent être dangereuses.

Devant ces lacunes techniques, certains médecins n’osent pas engager leur responsabilité sur un diagnostic et un traitement dont ils ne peuvent pas vérifier la pertinence par un examen physique. Dès lors, beaucoup de consultations ne peuvent être concluantes à distance. Si le service fonctionne bien pour un suivi médical de pathologies chroniques ou psychiques, il est nettement moins efficace pour une consultation ponctuelle et des symptômes qui doivent être évalués physiquement.

Les médecins ne sont d’ailleurs pas les seuls à émettre des réserves. Les patients aussi font état d’une certaine méfiance vis-à-vis d’un diagnostic rendu à distance. Cette méfiance a des conséquences puisque de nombreux patients n’osent pas se rendre aux urgences de peur de la contamination et n’ont pas non plus le réflexe de télé-consulter par manque de confiance ou d’habitude.

Pour les médecins comme pour les patients la téléconsultation est donc davantage un outil de régulation des patients qu’un outil de réel diagnostic.

Les entretiens en téléconsultation ont permis a des millions de francais de se soigner sans déplacements (2) (1)


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Gérard HAAS

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