Comment luttent les GAFA contre les fake-news ?

Comment luttent les GAFA contre les fake-news ?

Par Gérard Haas et Anna Tchavtchavadzé 

L’année 2018 n’a pas été facile pour les géants du numérique qui ont fait l’objet de nombreuses critiques. L’affaire Cambridge Analytica a notamment contribué à augmenter la défiance de la population à l’encontre des GAFA en ce qu’ils ont parfaitement illustré comment des données personnelles pouvaient être utilisées pour détourner une élection politique et de manière plus générale porter atteinte à notre système démocratique.

A Bruxelles, la Commission européenne s’est donc engagée dans une lutte contre le phénomène des fake-news dans le but de protéger les citoyens européens.

1. Le code de bonnes pratiques contre la désinformation

La Commission a élaboré un code de bonnes pratiques contre la désinformation en ligne afin que des mesures concrètes soient mises en œuvre par les plateformes, au sein de l’Union européenne, pour relever les défis liés aux fake-news.

Les signataires de ce code se sont engagés sur plusieurs points, notamment :

  • Contrôler les placements de publicité ;
  • Contrôler la publicité à caractère politique et la publicité engagée ;
  • Garantir l’intégrité des services ;
  • Responsabiliser les consommateurs ;
  • Responsabiliser la communauté de la recherche.

Un an plus tard, la Commission a rendu un rapport sur les initiatives de Google, Facebook, Twitter et Mozilla à la suite de leur signature du code.

Le bilan n’est pas mauvais mais la Commission considère que les GAFA n’ont pas fait assez d’efforts pour remédier au phénomène de fake-news qui a pris de plus en plus d’ampleur ces dernières années avec l’avènement des réseaux sociaux.

2. Le bilan, un an après

Le 29 janvier 2019, la Commission avait rendu son premier rapport sur la mise en œuvre du code de bonnes pratiques par ses signataires.

Ainsi, elle avait relevé que :

  • Facebook prend des mesures afin de remplir ses engagements, mais il doit expliquer de quelle manière il déploiera les outils donnant davantage de moyens d’action aux consommateurs et comment il dynamisera la coopération avec les vérificateurs de faits.
  • Google prend également des mesures pour honorer ses engagements, notamment en matière de contrôle des placements publicitaires, d’accroissement de la transparence de la publicité à caractère politique et de fourniture d’informations aux internautes. Toutefois, la Commission invite Google à soutenir les actions de recherche à plus grande échelle.
  • Twitter a fermé des faux comptes ou comptes suspects et a lutté contre des systèmes automatisés (robots). La Commission souhaite, toutefois, savoir en quoi ces mesures sont efficaces.
  • Mozilla lance une version améliorée de son navigateur afin de bloquer le pistage entre les sites. Toutefois, la Commission souhaite qu’il décrive comment cet outil limitera les informations révélées au sujet des activités de navigation des utilisateurs qui pourraient servir aux campagnes de désinformation.

Fin 2019, un an après la publication du code, la Commission estime que « propagande et désinformation automatisées à grande échelle persistent et des efforts restent à accomplir ». Elle considère donc que les géants du numérique peuvent mieux faire.

Selon la Commission, des progrès ont toutefois été relevés, notamment dans la suppression de nombreux faux comptes ainsi que dans la limitation de la visibilité des sites favorisant la désinformation.

Ainsi, la Commission ne prend aucune mesure réglementaire mais encourage les GAFA à élaborer une approche plus systématique dans sa lutte contre les fake-news.

***

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Gérard HAAS

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